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PER, PERP : quelles différences ?

PER, PERP : quelles différences ?

Publié le 03/11/26

6 minutes 16

Retraite
Epargne et Placement

Le PER a remplacé le PERP depuis la loi PACTE, mais de nombreux épargnants détiennent encore un ancien contrat. Fiscalité à l’entrée, déblocage anticipé, sortie en capital, transmission : les deux produits ne fonctionnent pas de la même façon. Vaut-il mieux conserver son PERP en 2026, ou faut-il le transférer vers un PER ? On fait le point. 

Qu'est-ce que le PER et qu’est devenu le PERP ? 

Instauré par la loi PACTE, le Plan d’Épargne Retraite (PER) est un produit d’épargne retraite disponible depuis le 1er octobre 2019. Il a pris la suite du Plan d’Épargne Retraite Populaire (PERP) et du contrat Madelin, qui ne sont plus commercialisés depuis le 1er octobre 2020. 

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Le PER se décline en trois versions : le PER individuel, ouvert à tous sans condition d’âge ni de statut professionnel, le PER d’entreprise collectif, et le PER d’entreprise obligatoire. Selon le ministère de l’Économie, le PER s’est largement imposé comme produit phare pour de nombreux Français. Il comptait en effet plus de 12,9 millions de titulaires pour 150,4 milliards d’euros d’encours au 31 décembre 2025, dont 88,5 milliards sur les PER individuels. 

Le PERP, lui, n’a pas totalement disparu. Les contrats ouverts avant octobre 2020 restent valables, peuvent continuer d’être alimentés et conservent leurs règles propres. Leurs titulaires ont donc le choix : garder leur PERP en l’état, ou le transférer vers un PER. 

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Les différences entre PER et PERP pendant la phase d’épargne 

Les différences entre PER et PERP s’illustrent tout d’abord pendant la phase de constitution de l’épargne, notamment en termes de fiscalité, de sorties anticipées, de transfert et de décès. 

La fiscalité des versements 

Sur un PERP, les versements sont automatiquement déduits du revenu imposable, dans la limite du plafond épargne retraite. Le PER reprend ce mécanisme, mais la déduction devient optionnelle : vous pouvez y renoncer, versement par versement, pour alléger la fiscalité au moment de la sortie. Ce choix est intéressant pour les foyers faiblement imposés ou qui anticipent une tranche marginale d'imposition plus élevée à la retraite. 

Pour les versements effectués en 2026, le plafond de déduction d'un salarié correspond à 10 % de ses revenus professionnels 2025, avec un minimum de 4 710 euros et un maximum de 37 680 euros. Pour un travailleur non salarié, il peut atteindre 88 911 euros. 

La loi de finances 2026 a modifié ce cadre sur deux points : 

  • le report des plafonds non utilisés passe de trois à cinq ans pour les plafonds constitués à partir de 2026 ; les reliquats antérieurs restent soumis à l'ancien délai de trois ans ; 

  • les versements effectués sur un PER à partir de 70 ans ne sont plus déductibles. Ils restent possibles, mais sans avantage fiscal à l'entrée. 

Cette seconde mesure vise les PER issus de la loi PACTE. Les PERP non transférés relèvent d'un autre article du Code général des impôts, non modifié sur ce point. 

Le déblocage anticipé 

L'épargne d'un PERP est en principe indisponible jusqu'à la retraite. Elle peut toutefois être débloquée de façon anticipée en cas d'invalidité, de décès du conjoint ou du partenaire de PACS, de surendettement, d'expiration des droits au chômage ou de cessation d'activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire. 

Le PER reprend ces cas et en ajoute un : l'acquisition de la résidence principale. Cette possibilité concerne les sommes issues des versements volontaires et de l'épargne salariale, pas celles provenant des cotisations obligatoires d'entreprise. 

Le transfert 

Un PERP peut être transféré à tout moment vers un PER. L'assureur peut facturer des frais de transfert, plafonnés à 5 % de l'épargne transférée, mais uniquement si le contrat a moins de dix ans. Au-delà, le transfert est sans frais. 

Entre deux PER, les frais sont plafonnés à 1 % pendant les cinq premières années du plan, puis deviennent nuls. Dans tous les cas, le transfert est fiscalement neutre : il ne constitue pas un rachat, mais il n'ouvre pas non plus droit à une nouvelle déduction. 

En cas de décès avant la retraite 

Avec un PERP, le décès du titulaire avant la liquidation donne lieu au versement d'une rente aux bénéficiaires désignés : rente viagère pour un adulte, rente temporaire d'éducation pour un enfant mineur. 

Le PER offre davantage de souplesse : les bénéficiaires peuvent percevoir un capital. La fiscalité dépend de l'âge du titulaire au moment du décès : 

  • Avant 70 ans : chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 euros, puis d'un prélèvement de 20 % et de 31,25 % au-delà de 700 000 euros taxables ; 

  • Après 70 ans : l'ensemble des sommes entre dans les droits de succession, après un abattement global de 30 500 euros partagé entre tous les bénéficiaires.

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Les différences entre PER et PERP au moment du départ à la retraite 

C’est à la sortie que l’écart entre les deux produits est le plus net. Le PERP reste un produit de rente, quand le PER laisse le choix pour une en capital, en rente ou une combinaison des deux. 

Sortie en capital 

Avec un PERP, la sortie en capital est limitée à 20 % de l’épargne, si le contrat le prévoit. Les 80 % restants sont obligatoirement versés en rente. Une sortie intégrale en capital n'est possible que dans des cas particuliers, comme l'achat d'une première résidence principale à la retraite. Ce capital est imposé comme une pension après abattement de 10 %, avec une option possible pour un prélèvement forfaitaire libératoire de 7,5 % sous conditions. 

Avec un PER, vous avez le choix. L’intégralité de l’épargne peut être récupérée en capital en une fois ou de manière fractionnée. La fiscalité dépend quant à elle du choix fait à l’entrée : 

  • Versements déduits à l’entrée : la part correspondant aux versements est soumise au barème de l’impôt sur le revenu, sans prélèvements sociaux. Les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) ; 

  • Versements non déduits à l’entrée : seuls les gains sont soumis au PFU. 

Note

Bon à savoir : Depuis le 1er janvier 2026, la hausse de la CSG sur les revenus du capital porte les prélèvements sociaux à 18,6 % et le PFU à 31,4 % (contre 30 % auparavant). Contrairement à l’assurance-vie, le PER n’a pas été exclu de cette hausse.

Sortie en rente 

Les rentes issues d'un PERP sont imposées comme des pensions de retraite : barème progressif de l'impôt sur le revenu après abattement de 10 %, plus les prélèvements sociaux applicables aux pensions. 

Pour un PER, tout dépend, là encore, du traitement des versements. La rente issue de versements déduits à l’entrée suit le même régime que les pensions de retraite (barème après abattement de 10 %), avec des prélèvements sociaux sur une partie de la rente. La rente issue de versements non déduits à l’entrée relève du régime des rentes viagères à titre onéreux : seule une partie est imposable, d'autant plus faible que l'âge au premier versement de la rente est élevé (40 % entre 60 et 69 ans, 30 % à partir de 70 ans). 

Cette distinction montre que l'avantage fiscal du PER doit être pris en compte dans vos calculs dès l'ouverture du contrat : déduire ou non ses versements conditionne la fiscalité à la sortie. C'est un arbitrage à faire en fonction de votre tranche d'imposition actuelle et de celle que vous anticipez à la retraite. 

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Faut-il transférer son PERP vers un PER ? 

Il n’existe pas de réponse unique : le transfert est pertinent dans certaines situations, moins dans d’autres. Ainsi, trois questions peuvent vous permettre d’y voir plus clair. 

Avez-vous besoin de récupérer votre épargne en capital ? 

Si vous envisagez de financer des travaux, d'aider vos enfants ou de rembourser un crédit à la retraite, la sortie à 100 % en capital du PER est un argument décisif.  

 Depuis combien de temps détenez-vous votre PERP ? 

Au-delà de dix ans, le transfert est gratuit. En deçà, des frais jusqu'à 5 % peuvent s'appliquer : il faut alors vérifier que les avantages du PER compensent ce coût, notamment au regard des frais de gestion et de la qualité des supports proposés. 

Quel est votre âge et votre horizon de placement ? 

Après 70 ans, les nouveaux versements sur un PER ne sont plus déductibles, alors que ceux sur un PERP le restent. Pour un titulaire proche de cet âge qui souhaite continuer à déduire ses versements, conserver le PERP peut se justifier. De même, la fiscalité de sortie du PERP (option à 7,5 % sur la part en capital) peut s'avérer plus douce que celle du PER pour certains profils. 

Dans tous les cas, le transfert ne fait pas perdre les déductions déjà obtenues, mais il ne donne pas droit à une nouvelle déduction. Il mérite une simulation chiffrée, intégrant votre fiscalité actuelle, celle attendue à la retraite et vos projets de transmission. Un conseiller en gestion de patrimoine est justement là pour vous aider à étudier toutes les possibilités et à réaliser les meilleurs choix pour vous. 

Pourquoi se faire accompagner par un conseiller en gestion de patrimoine ? 

Pourquoi passer par un cabinet en gestion de patrimoine plutôt que par votre banque pour préparer votre retraite ?   

Parce qu’un CGP (conseiller en gestion de patrimoine) vous apportera une vision globale et pourra vous apporter des solutions personnalisées, adaptées à votre situation et à vos objectifs.  

Entre plafonds de déduction, âge, fiscalité de sortie et objectifs de transmission, le choix entre PERP et PER dépend de nombreux paramètres.  

Les conseillers Quintésens réalisent un bilan patrimonial préalable afin de pouvoir vous faire les recommandations les plus adaptées, et le cas échéant, vous accompagnent dans le transfert de votre contrat.  

Vous envisagez un transfert de PER e-ou de PERP ? Quintésens vous accompagne.

En bref 

Peut-on encore ouvrir un PERP en 2026 ? 

Non. Ouvrir un PERP n’est plus possible depuis le 1er octobre 2020. Les contrats existants, eux, restent valables et peuvent toujours recevoir des versements. 

Quelle est la principale différence entre un PER et un PERP ? 

La principale différence réside dans les modalités de sortie une fois à la retraite. Le PERP limite la sortie en capital à 20 % de l’épargne, le reste est versé en rente. Le PER permet de récupérer jusqu’à 100 % de votre épargne en capital, en rente, ou en combinant les deux. 

Combien coûte le transfert d’un PERP vers un PER ? 

Le transfert est totalement gratuit, sauf si le PERP a moins de 10 ans. Les frais sont alors plafonnés à 5 % du montant total de l’épargne transférée. 

Le transfert d’un PERP vers un PER est-il imposable ? 

Non. Le transfert est fiscalement neutre : il ne constitue pas un rachat et n’entraîne aucune imposition. Il n’ouvre pas non plus droit à une nouvelle déduction. 

Pourquoi anticiper sa retraite ? 

Selon les prévisions, les pensions des retraités couvriront de moins en moins les besoins quotidiens des retraités. Dans ce contexte, préparer sa retraite est nécessaire pour conserver son pouvoir d’achat. Et plus on s’y prend tôt, mieux c’est ! Commencer tôt vous permet de lisser votre épargne à long terme et de réduire vos charges au moment de la retraite. 

Comment préparer sa retraite ? 

Pour préparer sa retraite, de nombreuses solutions sont à votre disposition. Les outils phares sont le Plan d’Épargne Retraite (PER), l’assurance-vie et l’investissement immobilier. Faire appel à un conseiller en gestion de patrimoine pour préparer sa retraite vous donne accès aux meilleurs outils pour mettre en œuvre votre stratégie. 

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