Les différences entre PER et PERP s’illustrent tout d’abord pendant la phase de constitution de l’épargne, notamment en termes de fiscalité, de sorties anticipées, de transfert et de décès.
La fiscalité des versements
Sur un PERP, les versements sont automatiquement déduits du revenu imposable, dans la limite du plafond épargne retraite. Le PER reprend ce mécanisme, mais la déduction devient optionnelle : vous pouvez y renoncer, versement par versement, pour alléger la fiscalité au moment de la sortie. Ce choix est intéressant pour les foyers faiblement imposés ou qui anticipent une tranche marginale d'imposition plus élevée à la retraite.
Pour les versements effectués en 2026, le plafond de déduction d'un salarié correspond à 10 % de ses revenus professionnels 2025, avec un minimum de 4 710 euros et un maximum de 37 680 euros. Pour un travailleur non salarié, il peut atteindre 88 911 euros.
La loi de finances 2026 a modifié ce cadre sur deux points :
le report des plafonds non utilisés passe de trois à cinq ans pour les plafonds constitués à partir de 2026 ; les reliquats antérieurs restent soumis à l'ancien délai de trois ans ;
les versements effectués sur un PER à partir de 70 ans ne sont plus déductibles. Ils restent possibles, mais sans avantage fiscal à l'entrée.
Cette seconde mesure vise les PER issus de la loi PACTE. Les PERP non transférés relèvent d'un autre article du Code général des impôts, non modifié sur ce point.
Le déblocage anticipé
L'épargne d'un PERP est en principe indisponible jusqu'à la retraite. Elle peut toutefois être débloquée de façon anticipée en cas d'invalidité, de décès du conjoint ou du partenaire de PACS, de surendettement, d'expiration des droits au chômage ou de cessation d'activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire.
Le PER reprend ces cas et en ajoute un : l'acquisition de la résidence principale. Cette possibilité concerne les sommes issues des versements volontaires et de l'épargne salariale, pas celles provenant des cotisations obligatoires d'entreprise.
Le transfert
Un PERP peut être transféré à tout moment vers un PER. L'assureur peut facturer des frais de transfert, plafonnés à 5 % de l'épargne transférée, mais uniquement si le contrat a moins de dix ans. Au-delà, le transfert est sans frais.
Entre deux PER, les frais sont plafonnés à 1 % pendant les cinq premières années du plan, puis deviennent nuls. Dans tous les cas, le transfert est fiscalement neutre : il ne constitue pas un rachat, mais il n'ouvre pas non plus droit à une nouvelle déduction.
En cas de décès avant la retraite
Avec un PERP, le décès du titulaire avant la liquidation donne lieu au versement d'une rente aux bénéficiaires désignés : rente viagère pour un adulte, rente temporaire d'éducation pour un enfant mineur.
Le PER offre davantage de souplesse : les bénéficiaires peuvent percevoir un capital. La fiscalité dépend de l'âge du titulaire au moment du décès :
Avant 70 ans : chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 euros, puis d'un prélèvement de 20 % et de 31,25 % au-delà de 700 000 euros taxables ;
Après 70 ans : l'ensemble des sommes entre dans les droits de succession, après un abattement global de 30 500 euros partagé entre tous les bénéficiaires.